Colony Centre d'élevage et de conservation d'oiseaux exotiques
Conservation


Les milieux naturels sont détériorés, les espèces disparaissent ou sont menacées de l’être. Préserver leur habitat est un enjeu majeur dont on sent bien qu’il va prendre beaucoup de temps. De nombreuses actions locales sont menées pour ralentir le rythme de la destruction et aider certaines espèces à survivre dans leur biotope dégradé. Ce sont des actions in situ. Elles sont primordiales, essentielles, et si difficiles à mettre en place.
Une autre façon d’agir est la conservation ex situ. Il s’agit d’élever ces espèces en captivité pour les conserver et les préserver de la dégradation de leur environnement, en attendant des jours meilleurs pour les ré-introduire dans la nature. C’est une idée vieille comme le monde, celle de l’Arche de Noé. Une idée bien difficile à mettre en œuvre tant les écueils et les questions sont nombreux.
N’est ce pas vain, n’est ce pas une goutte d’eau dans l’océan ? A quoi bon ?
Notre pire ennemi est souvent notre propre sentiment d’impuissance. Chaque goutte d’eau finira bien par peser un jour et chaque contribution, aussi modeste soit-elle, portera un jour ses fruits. La conservation implique de plus en plus d’acteurs, et c’est une bonne nouvelle. Parcs animaliers, conservatoires, éleveurs privés, des programmes existent chargés de lier ces acteurs entre eux.


Cela a-t-il du sens d’enfermer des oiseaux sauvages sous prétexte de conservation ? Ne sont-ils pas mieux dans leur habitat naturel même si l’espèce s’éteint peu à peu ?
Et pourtant, ces oiseaux sont arrivés en Europe depuis des décennies, ils sont là, et on ne va pas rester les bras croisés en attendant leur extinction.
Cette question a provoqué la création de Colony. Elle se pose encore tous les jours pour nous aider à remettre en perspective notre action de conservation. Pour s’obliger à apporter tous les soins nécessaires aux oiseaux, même lorsqu’on est fatigué, ou simplement démotivé. Tous les jours nous répondons à cette question en mobilisant notre énergie et nos moyens pour maintenir le fil de la vie et préserver ces merveilles de la nature qui à nos yeux sont sacrées.


Pourquoi conserver ces espèces si l’on n’est pas sûr de pouvoir les ré-introduire dans la nature un jour ?
Parce que nous préférons préserver ce qui à nos yeux est sacré, nous préférons être certain que nos enfants verront un jour ces fruits de la nature, plutôt que d’assister passivement à la mort lente de ces espèces fragiles. Un des derniers spécimens d’ara rubrogenys, espèce hautement menacée, vaut-il moins cher aux yeux de la société qu’un tableau de Rembrandt ou qu’un vieux meuble précieux conservé à grands renforts de moyens dans de coûteux musées ? Les animaux ne sont certainement pas issus du génie humain et à ce titre ne bénéficient pas d’autant d’attention. En revanche, les hommes ont une immense responsabilité dans la menace d’extinction que nous leur faisons subir. Cela vaut bien de tout faire pour tenter de sauver ce qui peut l’être, même si les conditions sont loin d’être idéales. Et puis, les animaux font parties des merveilles de la nature et à ce titre doivent être choyés, chéris, et maintenus en vie à tout prix.
En fait, la conservation, n’est ce pas une expression de plus de la domination de l’homme ? Détenir, posséder, maîtriser encore ? Même si c’est le plus souvent par passion ?
Le meilleur moyen de s’abstraire de cette déviance (la domination) est d’être convaincu que nous ne sommes pas propriétaires de nos oiseaux. Nous en sommes juste responsables, nous sommes tout au plus leur gardien, à leur disposition. Cette posture change tout. Élever des animaux en captivité devient un engagement, chargé de devoirs et de responsabilités.
Finalement, répondre tous les jours à ces questions difficiles, surmonter les écueils liés aux maladies, aux décès parfois, aux naissances avortées, aux conditions climatiques incertaines, aux erreurs humaines nécessite une immense dose d’amour. Les gratifications, les remerciements, les moments d’apaisement viennent rarement des hommes. Plutôt des animaux eux-mêmes.